Fresques panoramiques et trompe-l’œil de Catherine de Saugy (1992–1996)
Entre 1992 et 1996, Catherine de Saugy se consacre à la réalisation de panoramas muraux et de fresques monumentales sur plâtre et bois, inscrivant son travail dans la tradition du trompe-l’œil et de la peinture décorative grand format. Ces compositions immersives transforment les murs en paysages ouverts et invitent le spectateur à voyager au-delà de l’espace architectural.
Travaillant directement sur site, l’artiste adapte son œuvre aux volumes et à la lumière des lieux. Elle réalise notamment des fresques pour des espaces publics et privés prestigieux, comme le Centro Dental de Guatemala (1992), l’Hôpital Universitaire de Genève (HUG) (1993), ou encore des commandes privées telles que Good Morning (La Tour-de-Peilz, 1993) et The Spirit of Freedom (Miami, 1994). Parmi ses œuvres marquantes de cette période, on retrouve également Villa Vistana (Guatemala, 1993), Hommage à Miró (Guatemala, 1995) et plusieurs réalisations pour le Mercy Hospital de Coral Gables (Miami, 1995).
Ces fresques panoramiques témoignent d’une maîtrise grandissante du jeu de perspective, des textures et des effets de lumière qui confèrent à ses compositions un réalisme poétique. Loin de se limiter à l’ornementation, elles proposent une véritable expérience sensorielle, un dialogue entre l’art pictural et l’espace architectural.
Cette période fondatrice illustre la première étape de l’artiste dans le domaine monumental : en explorant les techniques du trompe-l’œil et de la fresque, Catherine de Saugy forge un langage visuel qui prépare déjà sa transition vers une expression plus personnelle et symbolique. Ces panoramas constituent ainsi le socle technique et esthétique sur lequel s’appuieront ses créations ultérieures, notamment ses séries surréalistes comme Trois Dames pour un Roi ! (1994), Mes Magiciennes (1999–2002) et Les 9 Muses (2003).
Cette période constitue une étape essentielle dans son parcours artistique. Après les panoramas monumentaux et les fresques murales qui marquent les années 1992–1996, Catherine de Saugy choisit de se tourner vers des compositions plus intimes et introspectives. Les Magiciennes ne sont pas de simples portraits, mais des incarnations de l’âme féminine, explorant la complexité des émotions et des états d’être.
La maîtrise des textures, l’intensité des couleurs et la subtilité des contrastes confèrent à ces œuvres une force particulière. Elles invitent le spectateur à franchir le seuil d’un univers intérieur où le rêve dialogue avec la mémoire, et où l’expérience personnelle devient langage universel. Avec Mes Magiciennes, Catherine de Saugy affirme un style surréaliste à la fois personnel et symbolique, ouvrant la voie à de nouvelles explorations artistiques dans les années suivantes.
abondance

« Peindre un panorama sur mur est un grand bonheur qu’on se donne à soi en faisant celui des autres.
Et cela prépare assez mal à « exposer en galerie »