
Entre mystères et souvenirs ...
C’est probablement avec ma Mère que cette histoire a commencé.
Ma Mère était inaccessible.
Tout le monde pensait la connaître, Régine, la Reine, belle petite femme brune ardente, pétillante, volubile. Et nous? Nous vivions avec la mystérieuse et silencieuse.
Je me souviens d’un jour où, enfant, je m’étais fait méchamment tabasser par un garçon … que je n’avais même pas remarqué. Maman m’a demandé son nom, précisant qu’elle allait s’occuper de lui. Puis quelques jours plus tard il a disparu de l’école.
Résistante très active pendant la guerre, elle dû descendre de nombreuse fois du train et comme les autres s’aligner le long du mur, mais elle, aux doublures chargées de documents, ne fut jamais celle choisie et abattue.
Il y eu notamment l’étrange retard que Maman pris à partir pour aller voir Jean-Claude, mon frère ainé. Elle changea subitement d’avis, prit l’avion le surlendemain. Et l’avion qu’elle aurait dû prendre s’écrasa. Elle disait : « Malheur à ceux qui veulent du mal à ceux que j’aime ». Et mieux valait être du bon côté. En quelque sorte … une Magicienne, n’est-ce pas?
Je pense que l’inspiration de ces Magiciennes m’est venue au moment de la disparition de ma Mère. Et je n’avais jamais fait le rapprochement avant qu’Etienne THOMAS, mon cher webmaster, ne me demande un texte d’introduction à mes Magiciennes …
Entre mémoire et symbolique : les toiles surréalistes de Catherine de Saugy (1999–2002)
Entre 1999 et 2002, Catherine de Saugy réalise la série Mes Magiciennes, un ensemble d’œuvres où se conjuguent mémoire intime et imaginaire surréaliste. Inspirée par le souvenir de sa mère, Régine Reynier, résistante et figure marquante de son enfance, l’artiste développe une galerie de personnages féminins archétypaux. Chaque toile devient l’allégorie d’une qualité universelle – l’écoute, la persévérance, le rêve, la liberté ou encore l’insouciance – traduite à travers un langage pictural où se mêlent lyrisme, symbolisme et poésie visuelle.
Cette période constitue une étape essentielle dans son parcours artistique. Après les panoramas monumentaux et les fresques murales qui marquent les années 1992–1996, Catherine de Saugy choisit de se tourner vers des compositions plus intimes et introspectives. Les Magiciennes ne sont pas de simples portraits, mais des incarnations de l’âme féminine, explorant la complexité des émotions et des états d’être.
La maîtrise des textures, l’intensité des couleurs et la subtilité des contrastes confèrent à ces œuvres une force particulière. Elles invitent le spectateur à franchir le seuil d’un univers intérieur où le rêve dialogue avec la mémoire, et où l’expérience personnelle devient langage universel. Avec Mes Magiciennes, Catherine de Saugy affirme un style surréaliste à la fois personnel et symbolique, ouvrant la voie à de nouvelles explorations artistiques dans les années suivantes.
persévérantes

Saugy Imparts a Visionary Dimension to Modern Portraiture
« Think of commissioned portraits and what invariably comes to mind are dull, fawningly flattering likenesses middle aged executives, clergy, or college presidents. By contrast, Catherine de Saugy, primarily for her multidimensional, luminously translucent abstractions on Plexiglas, takes a characteristically innovative approach.
Toward this end, Saugy presents her subjects in semi abstract metaphysical settings, conveying different aspects of the subject’s personality. »
Marie R. Pagano - art critic
Gallery & Studio Magazine New York